Maître-tailleur · Rédacteur en chef

Antoine Delcourt

Cinquante-deux ans, trente de métier, six à Savile Row. Un atelier rue de Penthièvre, trois générations de clients, une craie à la main depuis 1998.

Né en1973
Formé chezHenry Poole, Savile Row
AtelierParis 8e · 2005
Portrait d'Antoine Delcourt, maître-tailleur parisien, dans son atelier rue de Penthièvre
Atelier, rue de Penthièvre · Paris 8e
Biographie

D'une craie à une plume

Repères biographiques et jalons d'atelier.

Antoine Delcourt naît en 1973 à Arras, dans une famille qui n'a aucun rapport avec la couture. Son grand-père maternel était chef de gare, son père professeur de latin. C'est une photographie du duc de Windsor, découpée dans un numéro jauni de Paris Match, qui déclenche la vocation à quinze ans : l'idée qu'un homme puisse, par le seul vêtement, dire d'où il vient, ce qu'il respecte et ce qu'il refuse.

À dix-neuf ans, il entre en apprentissage au Groupe de Maroquinerie Parisienne, puis passe son CAP de tailleur à l'École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. En 1995, il franchit la Manche : on l'accepte comme junior cutter chez Henry Poole & Co, la plus ancienne maison de Savile Row, fondée en 1806. Il y passe six années décisives, sous l'autorité d'un head cutter qui avait lui-même travaillé pour l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris. De ces années lui restent la technique du patron à la craie blanche (qu'il utilise encore aujourd'hui), la méthode du basting fitting en trois étapes et, surtout, cette idée tenace selon laquelle un vêtement formel ne doit jamais paraître neuf — ni jamais paraître vieux.

Il rentre à Paris en 2001, travaille trois ans pour un chemisier de la rue de la Paix, puis ouvre son propre atelier rue de Penthièvre en 2005, à deux pas de l'Élysée. La maison compte aujourd'hui cinq compagnons, une apprentie, et reçoit environ quatre-vingt-dix clients par an — parmi lesquels trois générations de la même famille bordelaise, un ancien ministre, deux académiciens et un nombre confidentiel de diplomates.

Depuis 2017, Antoine enseigne un module d'étiquette vestimentaire dans une école hôtelière francilienne (quatre séminaires de deux heures par promotion). Sa collection personnelle de traités d'élégance du XIXe siècle — une centaine de volumes, dont le Ton de la bonne compagnie de 1818 et plusieurs éditions originales d'Eustache de Lorey — nourrit aussi bien ses essayages que les pages de Dresscode Formal.

La rédaction du magazine, qu'il dirige depuis 2019, lui permet de faire ce que l'atelier ne permet plus faute de temps : transmettre à large échelle. Chaque article publié ici est relu à la craie, parfois réécrit après un essayage, toujours confronté à un cas concret vu le matin même. Rien n'est théorique. Tout est vérifié.

01

Précision

Nous citons des coupes (anglaise, napolitaine, parisienne), des étoffes (Fox Brothers, Holland & Sherry, Loro Piana) et des budgets réels. Jamais de généralités ni d'approximations commerciales.

02

Indépendance

Les guides éditoriaux ne sont jamais rédigés sous influence d'annonceurs. Tout partenariat rédactionnel est signalé conformément aux usages de la presse spécialisée.

03

Transmission

Le magazine s'adresse à des lecteurs adultes, curieux et pressés. Chaque article vise à être utilisable le soir même — la veille d'un mariage, d'un gala, d'un entretien.

Autorités consultées

Nos références externes

Les guides pilier citent systématiquement cinq sources anglophones faisant autorité en matière d'étiquette et de tailoring — consultées, vérifiées, confrontées aux archives de l'atelier.

Rester en contact

Un courrier mensuel, une craie, aucune publicité

Chaque mois, Antoine envoie une lettre — un guide d'étiquette, une maison redécouverte, un détail de coupe observé le matin même sur un client.